Manuel

Publié le 25/02/2019
tios

Etant allés à l’Hôpital Régional de Cusco pour des raisons personnelles, nous y rencontrâmes une jeune femme que nous n’avions pas revue depuis de nombreuses années.

Il y a 18 ans, l’un de nos prêtres Serviteurs des Pauvres nous demanda le service de prendre contact avec une jeune fille qui était enceinte depuis peu et qui se trouvait dans une mauvaise passe.

Jenny était très déprimée. Elle nous raconta qu’elle faisait ses études d’infirmière et  qu’à l’hôpital elle s’était éprise de l’un des médecins. Ce qu’elle découvrit par la suite, c’est que cet homme avait déjà une famille. Quand elle se retrouva enceinte de lui, il ne voulut plus rien savoir d’elle. En plus de cet abandon, quand elle annonça cette nouvelle à ses parents, ceux-ci voulurent l’obliger à avorter. Elle s’adressa à l’un de nos prêtres qu’elle connaissait et celui-ci nous la confia.

Elle vint plusieurs fois à la maison pour nous parler de cette lutte qu’elle avait avec sa famille. Mais elle décida envers et contre tous de garder le bébé. Nous la revîmes plusieurs mois plus tard, avec son bébé dans les bras. Elle était heureuse. Et nous confia que ses parents étaient devenus gâteux du petit Manuel, que l’homme avait disparu de sa vie, qu’elle allait continuer ses études. Et surtout, qu’elle était heureuse d’avoir pris cette décision d’aimer.

Donc, il a peu, elle nous sauta dans les bras à l’hôpital. “Tu te souviens de moi? Je suis Jenny. Mon Manuel est très bien. Il a 17 ans. Il étudie Informatique à l’Université et travaille en même temps pour se payer ses études. Maintenant, je suis mariée avec un homme très bien qui travaille lui aussi à l’hôpital (Jenny travaille dans le service d’entretien car les horaires lui conviennent mieux) et j’ai un autre enfant qui a 8 ans et qui a une déficience auditive. Mais je suis heureuse”. Elle avait l’air sincèrement heureuse et orgueilleuse de son Manuel et de la vie qu’elle avait maintenant.

Qu’elle récompense ce fut pour nous de pouvoir voir le fruit de l’Amour. Que chacun d’entre nous prenne conscience qu’il peut être, un jour, appelé à donner cette aide humaine et spirituelle qui peut sauver une vie.

Que vive Manuel!